Des bénévoles organisent des cours de français pour les demandeurs d'asile. Publié sur la Dépèche, le 17/09/2018.

CADA 2018

Les demandeurs d'asile

Le CADA organise des cours de français donnés par des enseignants bénévoles. Des séances ouvertes aux demandeurs d'asile qui souhaitent apprendre la langue du pays d'accueil.

C'était la rentrée au CADA (centre d'Accueil des Demandeurs d'Asile) de Bon-Encontre, la semaine dernière. Les cours de français y ont repris au rythme de trois matinées par semaine. 1h30 à chaque séance pour se familiariser avec la langue de Molière. Un sésame indispensable pour ces exilés qui entrevoient une sorte d'Eldorado dans la France, en comparaison de pays troublés par les guerres civiles, de religion ou exsangues de toute croissance économique.

Formé au «Français Langue Etrangère» et détaché par l'association AGIR abcd, Bessy, professeur bénévole, part d'exemples concrets de la vie courante pour enseigner les rudiments de l'orthographe et de la grammaire.

Français «pratique»

Un français avant tout pratique. Il joue sur la réalité des journées, les moments festifs ou en famille pour faire s'exprimer ses élèves à l'oral, tout en noircissant le tableau et en pointant les temps conjugués. «Mais uniquement le passé, le présent et le futur, les accords au féminin et au masculin, histoire de se débrouiller». L'enseignant ne les noie pas sous les subtilités des passés composé et simple, de l'imparfait, la syntaxe, les champs lexicaux et la littérature. Ses cours collent avec la vraie vie, s'inspirent du quotidien. Des apprenants montrent déjà une certaine aisance au bout de quelques cours. Pour d'autres, les difficultés sont plus grandes quand la personne souffre déjà d'illettrisme ou d'analphabétisation dans son pays d'origine. Ce bénévole, qui doit adapter sa pédagogie par rapport à des élèves aux niveaux disparates, serait favorable à des groupes de niveaux. «Car parmi eux, il y a des gens qui ont un haut degré d'instruction. On trouve des financiers, un architecte, des informaticiens, des journalistes et assistantes sociales qui parlent déjà bien anglais, donc l'acquisition du français va très vite pour eux», constate le professeur. D'autres apprenants ont grandi dans des zones reculées et hostiles ou ont été privés d'école en raison de leur condition féminine. Dans le lot des résidantes du centre d'accueil, des femmes africaines excisées, mutilées et qui ont voulu protéger leurs petites filles en se sauvant de leurs villages.

Quelques mots d'anglais

Les cours de Bessy le bénévole, s'articulent à partir d'un sujet d'actualité ou sont dictés par la nécessité : «C'est un peu au feeling… On part d'un thème et cela dérive en fonction des situations auxquelles ils sont ou vont être confrontés». À la lueur des traditions aussi et des us et coutumes en vigueur ici. Quelques mots d'anglais glissés dans la conversation, permettent de faire comprendre les notions et saisir les nuances. La gratification face aux progrès accomplis, est reçue comme une bénédiction. A l'image de la gratitude de cette Géorgienne qui s'est dit, dans un français courant, profondément reconnaissante envers son professeur. Le courant passe bien. La participation active et l'enthousiasme montrent que les cours fonctionnent, intéressent. Dans la salle de classe en ce mardi matin, des Géorgiennes, des Arméniennes, une mère albanaise et sa fille qui de toute évidence, assimilent vite, Kindness un Nigerian qui commence à former des phrases et à élaborer sa pensée en français, une Éthiopienne plus réservée… Mais à d'autres séances, apparaissent aussi des ressortissants Afghans, des Palestiniens, des Égyptiens… «C'est plus compliqué d'apprendre le français lorsque l'alphabet est différent comme les alphabets russe et perso-arabe», admet Didier Constant, le directeur du CADA. Nos bénévoles sont très assidus et viennent d'horizons divers. Bien souvent, ce sont des professeurs à la retraite ou actuellement un ancien journaliste, mais aussi des bénévoles en activité qui font de l'alphabétisation dans les associations».

251 demandeurs d'asile

Le CADA, qui emploie 17,5 personnes en «équivalent temps plein», fait partie de la Sauvegarde. Placé sous l'égide du ministère de l'Intérieur et de la préfecture de Région, l'organisme accueille actuellement 251 demandeurs d'asile en attente de régularisation. 60 personnes sont hébergées sur le site de Bon-Encontre, 141 dispatchés dans des logements sur l'agglomération agenaise et 50 pris en charge par l'antenne Val d'Albret de Nérac. En règle générale, «54 % des réfugiés obtiennent un titre de séjour», assure le directeur. Le CADA accompagne ensuite durant trois mois (renouvelables une fois) les heureux élus à demeurer sur le territoire français, pour les aider à constituer leurs dossiers administratifs (RSA, Pôle emploi, recherche de logement…). Car une fois régularisées, ces personnes doivent quitter le centre, devenir autonomes et prendre leur vie en main. Mais de la même façon, ceux qui sont déboutés et ont épuisé les voies de recours, doivent aussi libérer la place. Les cours d'alphabétisation assurés au CADA sont suivis par des personnes volontaires et désireuses d'apprendre le français. Mais l'apprentissage de la langue en bonne et due forme, devient obligatoire dès lors que les papiers sont obtenus. Une condition posée par l'Office Français d'Immigration et d'Intégration.

35 nationalités

«35 nationalités différentes assistent à ces cours de français. Des demandeurs d'asile en provenance pour résumer d'Europe de l'Est, d'Afrique de l'Ouest, de la corne de l'Afrique, du Maghreb, du Bangladesh et Pakistan. Hormis des interprètes qui épaulent les demandeurs d'asile dans les procédures, on communique dans nos services en français en utilisant un peu l'anglais et l'espagnol. Les enfants sont tous scolarisés et on fait en sorte que des personnes d'un même pays ne soient pas regroupées dans les structures d'hébergement afin de lutter contre le communautarisme et la tentation de ne parler entre eux que leur langue natale», stipule le directeur. Une arche de Noë avec comme planche de salut ou canot de sauvetage la pratique de la langue, pour sauver sa peau et se faire une place au soleil.


 

Générations Mouvement accompagne le changement d’échelle de Car47

Le journal en ligne "CARENEWS", le portail n°1 dédié à l'intérêt général de l'association GÉNÉRATIONS MOUVEMENT a édité un bel article sur CAR47. Cliquez sur le lien (CARENEWS) et descendez dans l'article pour voir le reportage vidéo.


 

Car 47 au Sénat

Communiqué de presse du Conseil Départemental du 6 décembre 2017

 

Écharpe Or


 

Très bel article sur CAR 47

Dans cet article du site 47actus.fr nous trouvons la génèse, le développement, le fonctionnement, la reconniassance grandissante de l'idée originale de Jean-Alain TRIMOUILLE, inventeur et promoteur de CAR47.

Cliquer sur 47actus.fr. Merci au journaliste de 47actus

CAR 47 fait des émules

Ce sont aujourd'hui environ 15 départements qui ont ou qui vont implanter cette activité sur leur territoire pour le bénéfice de personnes dans l'impossibilité de conduire leur voiture. (voir CAR47)

 

201203191004

Ces départements sont :

ALLIER  - CAR 03

AUDE  - CAR 11

CÔTES D’ARMOR - CAR 22

DORDOGNE - CAR 24

EURE - CAR 27

GARD  - CAR 30

GERS - CAR 32 

GIRONDE - CAR 33

HAUTES PYRÉNÉES - CAR 65 (sur LANNEMEZAN en cours)

HERAULT - CAR 34

ILLE ET VILAINE - CAR 35 (St MALO, RENNES )

LOIRET CAR - 45

PAS DE CALAIS - CAR 42

SEINE MARITIME - CAR 76  

SOMME - CAR 80

TARN ET GARONNE - CAR 82